CE SITE EST UNE ARCHIVE EN LIGNE DE LA PRÉSIDENCE DANOISE 2012 ET NE SERA PLUS MIS À JOUR.

Politique en matière d'emploi et de protection sociale

La politique de l'emploi et de la protection sociale vise à relever le niveau et la qualité de vie dans l'UE grâce à des emplois de qualité élevée et à un haut niveau de protection sociale. Cette politique doit contribuer à atteindre les objectifs de croissance et de prospérité dans l'UE.

Sous la présidence danoise de l'UE, plusieurs dossiers importants concernant l'emploi et les affaires sociales domineront les travaux du Conseil. Vous trouverez ci-après une information sur ces dossiers, ainsi que sur la politique européenne en la matière.

Clarification du cadre juridique entre la libre circulation et les droits des travailleurs

Cette proposition vise à clarifier le cadre juridique entre les droits sociaux de l’UE d’une part, en particulier le droit à la libre circulation et les droits fondamentaux d’autre part, en particulier les droits des syndicats par rapport aux entreprises étrangères.

Selon cette proposition, les droits mentionnés ci-dessus ont la même valeur, et en cas de conflit entre une entreprise et un syndicat dans un autre pays, l’un ne peut primer sur l’autre. Il s’agit la d’une précision des règles en vigueur dans l’UE après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui souligne les droits des syndicats.

Champs électromagnétiques

La Commission européenne a présenté un projet de directive modifiant la directive sur les champs électromagnétiques. Les champs électromagnétiques sont présents partout, engendrés par la production, le transport et la consommation de courant électrique.

La directive concerne les niveaux très élevés d’exposition aux champs électromagnétiques sur certains lieux de travail à grande consommation d’électricité, comme par exemple à proximité de fours électriques ou dans des procédés industriels comme le soudage par résistance.

La proposition de directive actualisera notamment les seuils d’exposition en matière de protection des travailleurs contre les risques sur le lieu de travail.

La stratégie Europe 2020 et le « semestre européen »

Un défi de taille pour tous les États membres est d’assurer l’emploi et l’inclusion sociale, surtout pendant la crise financière. Les initiatives prises par les États membres dans ces domaines relèvent de leur compétence nationale mais ils formulent des objectifs communs, échangent leurs expériences et bonnes pratiques sur des solutions nationales dans le cadre de la méthode ouverte de coordination.

Le semestre européen met en place un cycle de contrôle et de surveillance des réformes structurelles entreprises en matière de politiques économiques et d’emploi.

Le semestre européen est opérationnel depuis un an début janvier 2012, et la présidence danoise entend, dans le domaine des affaires sociales et de l’emploi, assurer un fonctionnement aussi efficace que possible du « semestre européen » de sorte que les États membres puissent réaliser les objectifs communs d’emplois plus nombreux et d’inclusion sociale.

Proposition de directive relative à l’égalité de traitement entre les personnes en dehors du marché du travail

En 2008, la Commission européenne avait présenté une proposition de directive relative à la mise en œuvre du principe d’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de conviction, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle. La proposition de directive s’applique aux personnes en dehors du marché du travail.

La proposition de directive vise à introduire un droit à l’égalité de traitement et l’interdiction de discrimination dans l’UE liée à la religion ou à la conviction, au handicap, à l’âge ou à l’orientation sexuelle. D’une manière générale, toute discrimination directe ou indirecte est contraire à la directive.

La proposition complète le cadre juridique de l’UE, constitué par les directives sur l’égalité de traitement sans distinction de race ou d’origine ethnique et sur l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail. La proposition doit être adoptée à l’unanimité au Conseil, après approbation du Parlement européen.

Renforcer l’application de la directive sur le détachement des travailleurs

La directive européenne sur le détachement des travailleurs prévoit que les conditions de travail minimales (notamment les salaires minimums) du pays où un travailleur est détaché doivent être respectées. Cette proposition vise à renforcer l’application de ces règles.

Cette proposition a notamment pour but d’améliorer la coopération entre les autorités dans les différents États membres et de faire en sorte que les entreprises étrangères paient les amendes imposées même dans les cas où le détachement a pris fin. Ces mesures permettent d’améliorer la protection des travailleurs détachés et d’empêcher le dumping social.

Le programme européen pour le changement social et l’innovation sociale

La Commission a présenté une proposition d’un programme européen pour le changement  social et l’innovation sociale. Ce programme fait partie du cadre financier pluriannuel, le budget de l’UE pour 2014-2020, et il intègre dans un seul programme les trois programmes existants :

  • Progress (programme pour l’emploi et la solidarité sociale) qui, en matière de politique sociale et de l’emploi, doit poursuivre des objectifs communs et assurer une coordination efficace des politiques entre les États membres. Le programme sera adapté à la stratégie Europe 2020 et sera davantage axé sur une approche décisionnelle fondée sur des données factuelles ; 
  • EURES (services européens de l’emploi) destiné à accroître la transparence sur le marché du travail en introduisant des emplois vacants sur le portail européen sur la mobilité de l’emploi, EURES, et à soutenir des services d’information et de conseils aux niveaux national et transnational.
  • L’instrument de micro-financement Progress vise à accroître l’offre de microcrédits destinés aux chômeurs à la création d’une entreprise.

Objectifs de la politique de l'emploi et de la protection sociale
Cette politique vise à :

  • promouvoir la mobilité des travailleurs
  • lutter contre le chômage
  • combattre la pauvreté et l'exclusion sociale
  • moderniser et coordonner les régimes de sécurité sociale
  • améliorer l'environnement de travail et les droits des salariés sur le marché du travail
  • assurer des retraites viables et adéquates, les soins de santé et soins aux personnes âgées
  • créer l'égalité des rémunérations entre les hommes et les femmes

Evolution de la politique de l'emploi et de la protection sociale dans l'UE
La libre circulation des travailleurs a, depuis l'origine, constitué un droit communautaire fondamental, autour duquel s'est axée la première politique européenne en matière d'emploi et de protection sociale.

C'est pourquoi il s'est agi d'emblée d'éliminer les différences de traitement et de coordonner les systèmes de protection sociale des Etats membres. Quel pays devait, par exemple, financer la retraite d'une personne ayant travaillé dans un autre pays de l'UE ? Et quel système de protection sociale devait prendre cette personne en charge ? La législation européenne apporte aujourd'hui réponse à ces questions.

Depuis les années 1970, l'UE s'attache également à améliorer la protection des travailleurs en Europe. Des exigences à minima existent notamment aujourd'hui en ce qui concerne l'environnement de travail, le temps de travail et le congé parental.

Les objectifs communs
La politique pour l'emploi, par exemple l'activation des chômeurs, est exclusivement du ressort des gouvernements nationaux ; toutefois, au début des années 1990, en raison de problèmes structurels sur les marchés du travail, les Etats membres ont ressenti le besoin de coordonner leurs efforts dans ce domaine.

Le traité d'Amsterdam, en 1997, a constitué un tournant de la politique sociale et de l'emploi, au niveau européen, en consacrant pour la première fois un chapitre entier au sujet, et les chefs d'Etat et de gouvernement ont lancé une stratégie européenne pour l'emploi afin de lutter contre le chômage dans les pays européens.

Le moyen pour y parvenir n'était pas de légiférer mais de coopérer plus étroitement en formulant des objectifs communs et en échangeant expériences et bonnes pratiques aux échelons nationaux, une méthode non contraignante qui fut baptisée méthode ouverte de coordination (MOC).

En 2000, les chefs d'Etat et de gouvernement ont également mis les systèmes de protection sociale à leur ordre du jour et décidé de mettre politique de protection sociale, politique de l'emploi et politique économique sur un pied d'égalité, leurs travaux prenant place dans le cadre de la MOC.

Le rôle de l'UE en matière d'emploi et de protection sociale
En règle générale, le Conseil prend ses décisions conjointement avec le Parlement européen. C'est par exemple le cas lorsqu'il adopte des règles relatives à l'environnement et aux conditions de travail et à la mobilité des travailleurs.

Exceptionnellement, les parties prenantes du marché du travail peuvent passer des accords au plan européen et demander au Conseil d'entériner ceux-ci sous forme de règles contraignantes au niveau communautaire. Le Parlement européen n'est alors pas consulté, ce qui souligne l'importance du rôle de ces parties prenantes en matière d'emploi.

Les Etats membres ont gardé la main en ce qui concerne les politiques publiques de l'emploi et de la protection sociale ; leur communauté d'action se limite à une coopération dans le cadre de la MOC et à l'adoption de droits minimum pour les travailleurs. Ils peuvent donc édicter séparément des règles de protection sociale qui vont plus loin que les règles européennes.

Pour un supplément d'information sur la politique de l'emploi et de la protection sociale de l'UE et le Danemark